Bonjour,

J'ai dû amener mon ami aux urgences psy suite à une Bouffée délirante aigüe qui a duré plusieurs heures.
Le médecin nous a proposé de le garder une nuit en hospitalisation.
J'ai préféré qu'il rentre chez moi car j'avais trop peur qu'il se sente trop isolé et que son délire recommence.
Cela fait 4 jours que je le contiens sans aucun mal chez moi.
Je me pose juste la question :
Est-ce bon signe qu'il soit aussi calme (trop par rapport à ce que je le connais), quasiment veule, sans aucune contestation et à dire amen à toutes mes propositions.
Cela mis à part, il va tout à fait bien aujourd'hui (physiquement du moins).

Après une BDA, aussi courte soit-elle; est-il réellement nécessaire de subir une hospitalisation?
Je me demande au final si je n'ai pas fait une erreur de le ramener dans le cocon de mon appartement?
merci pour conseil..Charlotte.

Réponse:

  1. Estherenn

    Bonjour !
    Je tiens surtout à faire part de mon expérience car je sais que cela m'aurait été utile. En particulier à "ttristement" et à ceux celles qui ont besoin d'un peu d'espoir.
    J'ai 34 ans. J'ai fait des bouffées délirantes à l'âge de 20 puis 22ans. Aucune rechute depuis et aujourd'hui, je suis heureuse de vivre tout simplement. Aujourd'hui, j'ai un travail que j'aime, j'aime et suis aimée, j'ai de vrais amis, et de l'avis de ceux qui me connaissent, je suis équilibrée.
    Pourtant, cela aurait pu mal finir.

    En ce qui me concerne, j'étais plutôt introvertie avant les BDA et je suis passée à l'excès inverse pendant celles-ci (j'ai vu que l'expérience pouvait être totalement inverse).

    Le plus difficile après les délires (qui sont exaltants), c'est de comprendre que tout cela n'était que folie, de se savoir tout d'un coup "fragile" et surtout "folle". Le plus difficile, c'est d'avoir peur, c'est -à-dire d'avoir peur autant que l'entourage a ou peut avoir peur, d'avoir même encore plus peur. Le plus difficile c'est d'avoir intégré en soi l'angoisse de la folie et son exclusion. Pour moi, la dépression c'était aussi le désir de jeter la folie à la poubelle et moi avec bien sûr. Jetons tout cela par la fenêtre,n'est-pas ou enfermons tout cela parce que ça fait peur.

    Ce que j'ai mis énormément de temps à comprendre, c'est que la "folie" (un bref aperçu mais un aperçu de quelques mois à chaque fois tout de même) n'est pas quelque chose d'inhumain, que le délire n'est que le signe d'un dysfonctionnement, une réaction à quelque chose qui ne va pas. Le problème, c'est que très peu de gens comprennent cela réellement. On peut faire de belles phrases mais ce n'est pas compris. Pour moi, les bouffées délirantes aiguës sont une maladie dont on n'a pas à avoir, mais alors pas du tout, honte, pas plus qu'une autre maladie. Tout le monde connaît dans son entourage proche quelqu'un qui a fait une dépression mais en même temps, cela reste très souvent un tabou, une honte. Tout ce qui touche la tête est honteux, c'est simple. C'est cela qui est très grave.

    Pendant les bouffées délirantes, la personne garde toute sa sensibilité et son intelligence. La personne est autant qu'avant un être humain. Elle met son entourage en grande difficulté, je le comprends très bien. En fait, elle vit une crise,plus difficile que la crise d'adolescence, plus dangereuse, mais une crise, ça se traverse et ça peut vraiment être pour un changement bénéfique.
    Les médicaments sont dans un premier temps complètement nécessaires tout en restant complètement insuffisants.

    Le plus important, c'est d'exprimer parce que la soit-disant maladie honteuse qui nous est tombée sur la tête ("mais pourquoi sur moi ??"), il va falloir comprendre qu'elle n'est pas du tout honteuse, qu'elle est humaine, que ce n'est pas forcément un hasard (et tant mieux, il vaut mieux que les choses aient du sens), parler de choses douloureuses pour les faire sortir. Au début, je n'avais pas l'impression d'avoir souffert tant que cela dans ma vie mais en fait, il vaut mieux pouvoir mettre le doigt sur ce qui ne va pas même si on croit au départ qu'il n'y a pas grand chose. On s'aperçoit qu'il y a de la matière finalement.

    La thérapie n'est pas suffisante. Il faut vivre aussi, aller vers ceux celles qui ont de la générosité, de la simplicité, de la joie de vivre. Et lorsque rien ne va parce que "les voix" (ou le défilé d'images en soi) nous tuent à force de nous envahir, nous fatiguent car elles sont là envers et contre tout, il faut savourer chaque instant de liberté. Il faut savoir que cinq minutes, c'est énorme et qu'elles valent la peine d'être vécues, même deux minutes... Insensiblement,sans que l'on s'en rende compte, les minutes deviennent des heures puis des années. Les "rechutes" fréquentes feraient perdre tout espoir à beaucoup mais, pour l'avoir vécu, je sais qu'un après est complètement possible. Et un excellent après.

    Autre chose essentielle :
    Pendant ma première dépression (après les premières BDA), je lis dans un dictionnaire médical de ma fac: dans 50 pour 100 des cas, les BDA se transforment en schizophrénie. Bon,alors, les statistiques par contre, elles, on peut les mettre à la poubelle. On va très mal et là on se dit qu'on a une chance sur deux pour ne plus jamais être soi, pour être un zombie enfermé en HP, c'est cela qu'à ce moment là la personne en difficulté enregistre.
    Je peux dire que les statistiques ne m'ont pas aidée. Je pense qu'elles m'ont même donné plus qu'envie d'en finir avec moi.
    Un qui m'a aidé (beaucoup m'ont aidé, psy et amis), c'est Boris Cyrulnik. Dans Les vilains petits canards (je n'ai lu que le début), il dit qu'à presque toute personne ayant vécu un traumatisme, la société assène après le traumatisme un discours d'une extrême violence (enfant battu ou violé deviendra, les si scientifiques statistiques le prouvent, dans 50 pour100 des cas -ça j'invente- violent ou violeur). Les personnes qui ont vécu un traumatisme n'ont pas besoin du regard des statistiques. Les personnes qui ont beaucoup souffert ont besoin de confiance en elles, de patience et surtout de se tourner,de se diriger vers ce qui leur fait du bien. En tout cas, celles qui s'en sortent elles font confiance à l'humain, pas aux statistiques. On a besoin de l'humain en soi, du vivant en soi. Il n'y a que la mort qui ne change pas, le vivant est capable de changement. Vous pouvez faire confiance à votre vivant, pas aux statistiques car si elles vous font perdre espoir, bientôt on écrira dans 60 pour cent des cas n'importe quoi. Je ne veux pas dire qu'elles sont fausses, juste qu'il faut y faire très attention :on ne peut pas enfermer du vivant dans des statistiques car on le transforme alors chemin faisant et cela peut être très grave.
    Autre chose, parler de ce qui nous fait peur est le premier pas pour ne plus en avoir peur. Lorsqu'on affronte, on n'a pas peur. Beaucoup moins en tout cas.
    Aujourd'hui, pour conclure, je reste certainement une personne plus sensible que la moyenne,sans doute plus fragile, mais je préfère le savoir. Si jamais une rechute devait se produire, je suis heureuse de dire que ma vie ne peut en aucun cas se résumer aux BDA. Ma vie, c'est aussi beaucoup de joie, d'amitié, d'amour et des valeurs. Mes études ont pris un choc à vingt puis vingt-deux ans et mon travail ne brille pas spécialement socialement, voire pas du tout, mais je sais combien ma vie et ma raison sont précieuses, je sais reconnaître les personnes pour qui l'être est plus important que la possession (maison,carrière,etc..).
    Bref, je suis heureuse. (ça ne veut pas dire que tout est parfait,bien entendu mais que ma vie, je la trouve belle).
    Courage ! Appuyez-vous sur le positif et uniquement sur cela. Et gardez une hygiène de vie (bien dormir surtout, avec ou sans médocs, médocs s'il le faut en attendant que ça passe, bien manger). Et ne brûlez pas les étapes mais soyez confiant et patient, patient et confiant dans votre vivant qui va se réparer avec votre aide, si vous avez une tête, même qui a pris un choc, elle est vivante et vous pouvez vous en servir pour vous en sortir.
    A l'entourage : soyez vous même, si vous avez peur, vous ne pouvez pas trop le cacher mais appuyez-vous toujours sur du positif et pas sur des statistiques déprimantes. C'est la seule manière d'aider. Il faut accepter que cela prenne du temps, que la reconstruction soit lente mais vraiment bonne, possible. Ayez confiance, si vous vous appuyez sur le positif, cela va vraiment aider.
    J'espère que ce que j'écris vous sera utile.
    Cette réponse vous a-t-elle aidé ?  

    1. auteur

    2. auteur

      Merci pour ce commentaire qui donne beaucoup d'espoir.

    3. Estherenn

      De rien du tout. Ne le perdez pas ! :o) Courage.

    4. auteur

      Bonjour Estherenn,

      Je suis la mère de Sam4700 et je suis très contente d'avoir lu votre témoignage, ainsi que mon fils, qui a fait aussi une BDA en juillet 2012, à 23 ans.
      Je trouve que vous avez eu beaucoup de courage. Je pense beaucoup comme vous, qu'il faut compter sur son propre ressenti et se faire confiance, d'autant que l'expérience que mon fils et nous, sa famille, avons fait des discours qui nous ont été assénés pendant l'hospitalisation de mon fils par une psychiatre d'une dureté impitoyable ont bien failli nous démolir.
      En gros, le discours était : mon fils avait une maladie qui s'annonçait depuis six mois, et il se dirigeait vers une maladie psychique ; pas d'alternative, pas de précision ! La psychiatre a dressé un tableau de lui avant sa BDA qui ne correspondait pas du tout à la réalité, comme s'il elle voulait le faire rentrer dans un "cadre" ; qu'il restait couché toute la journée, qu'il ne faisait plus rien, qu'il n'avait pas pu faire face dans le travail qu'il avait trouvé ! Tout cela avec une dureté et un sadisme impitoyables ! Et un portrait totalement faux (il se levait tôt, était actif, sportif, volontaire... etc) ! Un nouveau début de crise s'est profilé à l'hôpital après un changement et une forte diminution soudaine des médicaments de Sam, toujours sur décision de cette psychiatre (à se demander si ce n'est pas elle, la "folle"). Je me suis demandée si ce début de crise n'était pas dû à la baisse soudaine des médicaments... Je m'en suis plainte auprès du directeur des soins de l'établissement !
      Résultat des courses : nous l'avons rapidement sorti de l'hôpital contre avis médical car nous n'avions plus confiance, l'avons emmené en vacances où il a beaucoup récupéré et là, il vient de retrouver du travail ! Incroyable les resssources qu'il a trouvées en lui : il commence dans trois semaines...
      Mon fils est maintenant suivi par un psychiatre mais malheureusement celui-ci s'est fait monter le bourrichon par l'autre de l'hôpital : le problème est qu'il lui donne encore un traitement lourd, parle par allusion d'une "maladie" sans vouloir donner de précision ; quant à moi, il me fuit depuis que je lui ai dit que sa collègue de l'hôpital avait eu un comportement problématique.
      Lorsque mon fils demande à son psy s'il va pouvoir diminuer les médicaments car il a un gros traitement d'attaque encore, et beaucoup d'effets secondaires (grosse fatigue, impatiences, et aussi je pense, dépression accrue...), celui-ci dit que non, que c'est trop tôt et rien de plus... C'est déroutant.
      J'en ai vraiment assez : on dirait qu'ils ne savent pas eux-mêmes où ils vont, cela en est inquiétant. Je suis aussi inquiète des effets secondaires.
      Mon fils est aujourd'hui conscient d'avoir déliré, est lucide mais difficile d'être serein avec tout ça : quant à vous, je voulais savoir combien de temps vous avez pris de médicaments et si vous en prenez toujours. Avez-vous effectué un sevrage progressif (et total) ?
      Merci d'avance.
      Je suis heureuse de votre témoignage positif et je vous dis bravo pour ce courage que vous avez eu. Je pense aussi qu'on peut s'en sortir si l'on fait confiance à ses ressources intérieures, à son propre ressenti et que l'on peut se servir d'une expérience telle que celle-ci pour rebondir dans sa vie, choisir un chemin, qui peut-être, nous ressemble plus.
      Mais que l'attitude des soignants est parfois déroutante et froide ! Cela n'aide pas, c'est le moins que l'on puisse dire... Cela nous a même fait et nous fait encore beaucoup souffrir.

      Merci encore car cela fait du bien de vous lire !

    5. auteur

      Bonsoir,
      Je pense qu'il est très important que votre fils puisse se sentir en confiance avec son psychiatre et s'il n'est plus hospitalisé, rien n'empêche de chercher un autre psychiatre plus à l'écoute. En même temps, c'est un sujet très compliqué les médicaments. Je sais qu'au tout début, les doses étaient trop fortes puis elles ont été ajustées. Il faut trouver un juste milieu et surtout quelqu'un qui ne soit ni un adepte forcené des médicaments (au détriment d'une vraie psychothérapie : relation d'aide par l'écoute,la parole) ni complètement inconscient, les médicaments sont vraiment nécessaires pour stopper. En fait, je ne suis pas à même de juger, par contre il est important que votre fils et vous aussi vous sentiez rassurée par le suivi. Je suis en difficulté pour vous répondre précisément car je ne me souviens pas précisément. Tout ce que je pense, c'est que les psychiatres sont comme tous les médecins, il y en a qui nous conviennent et d'autres pas. Ma mère a été orientée vers une bonne psychiatre et psychanalyste qui n'a jamais forcé sur les doses de médicaments (j'étais d'abord tombée sur une jeune qui avait peur de ce qui m'arrivait et jamais elle n'aurait pu m'aider car je ne pouvais pas avoir confiance en elle). Maintenant, peut-être aussi que les médicaments sont lourds mais que c'est légitime, ce n'est pas à moi de juger. Le mieux, c'est peut-être d'essayer d'avoir plusieurs avis, d'interroger plusieurs professionnels jusqu'à trouver celui avec lequel vous sentez, Sam et vous une vraie confiance possible. Ce n'est pas très facile cette partie là mais c'est très important. J'ai tendance à penser que les psychiatres psychanalystes sont plus ouverts que les autres mais bon, c'est à vous de voir et je ne suis pas sûre qu'il y ait de règle absolue.
      Sinon, après mes secondes bouffées délirantes,j'ai stoppé les médicaments (je suis désolée, je ne me souviens plus trop de ce que je prenais mais ce n'était pas très lourd) de façon non orthodoxe par ce que j'avais "oublié"(...) pendant les vacances d'été les médicaments chez moi. Je ne dis pas ça pour encourager à faire comme moi car je considère aujourd'hui que c'était bien risqué mais en même temps, voilà, c'est arrivé comme ça. Puis, j'ai déménagé, suis allée voir un autre psychanalyste qui ne m'a pas plu et j'ai arrêté là toute thérapie. Il faut dire que j'ai eu énormément de chance car j'avais à l'époque un entourage amical très chaleureux, ouvert et non apeuré qui m'a beaucoup beaucoup aidé. Couper les ponts avec ma famille en déménageant m'a fait énormément de bien (ce sont des gens très bien mais ce n'est pas le problème). Je ne peux pas être du tout précise au sujet de la durée, des doses, parce que ce sujet est une des parties les plus difficiles pour moi dans le processus de reconnaissance de ce qui m'est arrivé, j'ai eu beaucoup de mal à accepter l'idée de prendre ces médicaments etc. Alors, j'ai bien fait mon travail d'oubli...
      J'espère que je vous aide quand même un peu. J'ai tendance à croire qu'il en faut mais pas au point d'être complètement abruti (sauf peut-être au tout début pour stopper) car on a aussi un peu besoin de ses méninges pour réfléchir un peu et aller mieux. Il faut trouver un bon dosage, c'est embêtant car on devient un peu cobaye, c'est pour cela qu'il faut un bon psychiatre et accepter aussi qu'il ne soit pas parfait. Sinon, aujourd'hui,je ne prends plus aucun traitement depuis plus de dix ans et je vais très bien.
      Une bonne soirée à vous et ne vous découragez pas, ni vous ni votre fils :-)

    6. auteur

      Merci encore. Je vais consulter un autre psychiatre extérieur afin d'assurer ma guérison. Pour l'instant j'ai un peu les idées noires, j'espère que ça va passer. C'est très difficile à vivre surtout quand le corps médical fait des prédictions assez noires. Mais je n'ai plus de bouffées délirantes, je me sens simplement déprimé, démotivé. J'ai du mal à reprendre le dessus d'autant que j'ai peu de gens au courant dans mon entourage. Bref j'ai besoin de curage pour me lever le matin.

      J'ai retrouvé du travail et je sais pas comment je vais faire pour assurer dans mon état mais il faudra bien. Je vais m'inscrire a code de la route. C'est mieux que de rester inactif, je pense. J'ai hâte d'arrêter ces fichus médocs qui me plombent.

    7. auteur

      Ne mise pas tout sur le travail même si c'est excellent et que ça aide à penser à autre chose qu'à soi-même. Lance toi dans une activité sportive ou autre activité pourvu qu'elle soit collective avec des gens qui vont bien et qui ne vont pas te regarder de travers si tu es un peu "lent" (médicaments obligent..) et petit à petit, sans déballer pour autant ta vie, tu verras qu'il y a des gens intelligents et sensibles pour qui ce que tu as vécu n'es pas un problème.Le mieux aussi, c'est de ne pas hésiter à voir plusieurs psychiatres (la double casquette psychiatre psychanalyste est une piste à essayer) jusqu'à ce que tu trouves quelqu'un qui te convienne et ne brosse pas tout en noir.
      Une de mes meilleures amies est psychologue clinicienne et jamais elle n'enferme quelqu'un sous une étiquette. Les bons psys sont peut-être rares, il faut à tout prix t'en trouver un, ne néglige pas ça, c'est trop important. Après, aucun psy ne pourra t'assurer que tu vas complètement t'en sortir parce que personne n'est Mme Irma et qu'il y a du chemin à parcourir en compréhension de ta vie pour qu'il y ait moins de chance de rechuter. De mon point de vue, c'est possible parce que tu n'es pas idiot. Je ne suis pas Mme Irma non plus. Il faut essayer de voir où se situe ta vulnérabilité, non pour te blinder ou l'effacer mais pour en tenir compte et apprendre à te protéger de certaines situations qui peuvent se représenter sous différentes formes. Ce n'est pas grave que les gens ne sachent pas ce qui t'es arrivé, ce n'est pas nécessaire, ça c'est juste pour les gens intelligents que tu auras la chance de croiser, l'essentiel c'est que tu partages aussi des choses agréables, toutes simples avec des gens que tu aimes bien même si tu ne les adores pas, ce n'est pas nécessaire d'adorer des personnes pour faire des choses sympa avec elles.
      Quand tu iras bien mieux, tu verras que ton expérience de vie t'enrichit d'un point de vue personnel et tu seras doublement précieux pour les autres parce que tu seras peut-être plus "humain"que la moyenne des gens. En gros,si tu te connais mieux et que tu te reconstruis, tu seras plus humain que des gens "normaux" qui ne comprennent rien à part mettre les gens dans des cases et c'est extrêmement précieux. Mais tu es extrêmement précieux déjà, je dis ça sans te connaître mais c'est vrai, tu es par exemple extrêmement précieux à ta famille et tu cherches à t'en sortir, tu fais ce que tu dois faire, ce que tout le monde tenterait de faire dans ta situation.
      En tout cas, que tes idées noires te servent au moins à une chose : comprendre la nécessité vitale de mieux te connaître. C'est possible. Trouve un psy à qui tu peux parler.
      Je ne te connais pas mais je t'envoie tout le courage possible.

    8. auteur

      Je vais consulter un psychiatre psychanalyste au début du mois prochain. Oui il faut que je me trouve des activités à faire. En tout cas ma bda est terminée et je me sens parfaitement lucide. Je ne me laisserais pas enfermer dans une case. Oui c'est assez difficile je n'ai que deux amis qui sont au courant et ils sont parti loin. Je vis un peu en cachant ce qui m'est arrivé et je me sens maintenant en décalage.

      En tout cas merci pour ton soutien Estherenn et bonne continuation.

    9. auteur

      J'ai envie d'ajouter merci Estherenn, vous avez une vision claire et positive des choses qui fait du bien.
      Le psychiatre / psychanalyste que Sam va désormais voir bientôt pour une thérapie a la réputation d'être très humain, il dialogue, etc. Je suis contente. Merci aussi d'avoir parlé de votre parcours, cela permet de comprendre qu'une expérience comme celle-ci aide à faire la part des choses et des gens, et oui, vous avez raison, qu'elle aide à mieux comprendre les autres et à être plus humain.
      Vous aussi devez être quelqu'un de précieux pour votre entourage !
      Je vous souhaite tout de bon dans votre vie. Merci pour vos réponses...

    10. auteur

      Beaucoup d'éléments sont réunis pour que ça aille mieux, c'est une bonne nouvelle. Il faut que tu gardes confiance en toi Sam (sans jamais pour autant te croire le seul à tout comprendre), et surtout surtout te relever si jamais tu retombais, ça en vaut vraiment la peine.Je crois qu'il faut toujours tenir compte de l'avis des autres et parfois les mettre un peu à distance aussi ces avis et réfléchir. Bluesky, vous avez l'air d'être une très chouette mère et vous êtes une aide précieuse pour Sam. Tout le monde est précieux :o)
      Belle vie à vous, elle a encore beaucoup de belles choses à offrir, c'est certain.

    11. auteur

      Merci mille fois pour tes réponses. C'est le fait que je sois plus lucide qui me donne de l'espoir. j'ai un peu du mal à sortir de chez moi mais ça devrait revenir. Les personnes que je fréquente ne sont pas au courant et je me sens un peu isolé du coup. Heureusement je suis quand même soutenu comme tu as pu le voir. J'ai tendance à être démotivé pour faire des trucs, est-ce que ça t'étais arrivé ? J'espère que le fait de bosser va m'aider à passer le cap et que ça va bien se passer. A plus tard.

    12. auteur

      Oui, bien sûr ça m'est arrivé et c'était même pire la seconde fois. Je me suis isolée, j'ai mis du temps à me relever, nous ne sommes pas les mêmes personnes et tu vas vivre les choses différemment et à ton rythme à toi mais je pense qu'il y a aussi des phases par lesquelles on est presque obligé de passer, il serait même inquiétant que tu ne passes pas par une période dépressive.C'est bon signe d'être un peu dépressif, il vaut mieux mille fois ça que les délires. Tu dois aussi faire le deuil de ceux-ci parce que j'imagine qu'ils devaient être aussi un peu agréables. Je souhaite que cette phase soit la plus brève et la moins intense possible et avec toujours beaucoup d'espoir. J'ai manqué d'espoir, je sais ce que c'est. Mon témoignage, c'était justement pour que ce soit moins difficile pour d'autres, qu'ils puissent comprendre plus rapidement que c'est possible, que c'est terrible mais qu'en même temps une expérience comme celle-ci, c'est juste une épreuve. Des tas de gens vivent des épreuves de natures très différentes, ceux qui les traversent ne sont pas des héros, ils savent saisir les mains qui se tendent et osent marcher tomber se relever retomber se re-relever. Certains ont même des épreuves même plus difficiles que celle-ci à vivre et ils se relèvent et ce sont des beaux êtres humains. Boris Cyrulnik (un psy assez médiatique) a beaucoup parlé du concept de résilience, je te laisse regarder par toi-même. Mais on ne devient pas "résilient" en claquant des doigts.
      Bosser m'a énormément aidé, à passer un cap comme tu dis, car on est obligé d'arrêter d'être dans son ressenti pour être efficace, ce n'est pas magique mais ça aide beaucoup. Ne pas faire la fine bouche question fréquentations m'a beaucoup aidée. J'avais auparavant tendance à aller vers des gens qui me ressemblaient et pour s'en sortir je crois qu'il faut aller vers des gens simples qui t'acceptent comme tu es, même si tu leur sembles peut-être un peu bizarre au départ,quelque part ils s'en foutent et t'aiment bien comme tu es, donc bref j'avais moins d'amis intellos torturés pendant un certain temps parce que je me tournais vers des gens qui n'avaient pas l'air compliqué mais heureux. Maintenant j'ai des amis de toute sorte.
      Si t'as trop le cafard et bien tant pis, t'as le droit de te reposer un peu et de ne pas culpabiliser pour cela mais ne t'enfonce pas trop longtemps non plus. Ne culpabilise pas si tu te laisses un peu aller. Il y a un temps pour tout. Après l'orage, le beau temps, pas pendant... mais il peut y avoir de belles lueurs pendant.
      Ma mère a lu aujourd'hui l'ensemble de l'échange et m'a envoyé ce mail qui répond à une interrogation de ta mère et sans doute à la tienne, je vous l'envoie même si ma mère non plus n'est pas très précise : " tu as bien fait de leur faire part de ton expérience. En ce qui concerne les médicaments, ils ont été très vite bien dosés (il en fallait pour couper avec le délire) et tu n'en as pas pris longtemps. Lors de la rechute et après le passage en clinique, tu as eu des psychotropes en dose raisonnable et qui ont été diminués progressivement."
      Voilà !
      Bonne soirée, ne sois pas trop inquiet. Bosser va t'aider, un conseil avec ton psy : lâche-toi le plus possible, c'est surtout là qu'il s'agit d'avancer, ce n'est pas lui qui sait tout sur toi, c'est toi mais sans oreille extérieure à ta problématique, il est difficile d'avancer, alors sois courageux surtout avec ton psy. Tout le reste compte aussi. Le cafard ça va ça vient, profite de tous les moments même petits où ça va à peu près. Tu as de la chance d'avoir une mère intelligente, ça n'a pas dû être facile d'aller contre un verdict médical. Et si tu mets du temps à aller bien, je pense que c'est tout à fait "normal".

      Bonne soirée :-)

    13. auteur

      Un dernier commentaire reçu par mail de ma mère pour vous Sam et Bluesky :
      "Cela montre dans quel désarroi sont laissées les personnes qui ont eu une bda et c'est très important de tomber sur le bon psy, ouvert, humain et qui n'ait pas peur, j'avais rencontré des psy lacaniennes qui m'avaient semblé très ouvertes et qui semblaient considérer les bda comme une crise adolescente sans être terrifiées comme les psy scolaires qui sortent de leurs bouquins mais n'ont aucune expérience de la psychée."
      Bonne journée.

    14. begonie

      Etant donné que Santé-Médecine n'a pas comme vocation d'ouvrir des discussions de type blog ou tchat, cette question qui date déjà du 21 août 2011 et résolu depuis septembre 2011, va être fermée.

      Merci de votre compréhension.

    15. auteur

      merci pour ce témoignage qui redonne bcp d'espoir!

  2. fanfouedelamotte

    Il est probable qu' on l' a mis sous neuroleptiques et que c' est ce traitement qui le plonge dans cet état stuporeux. Mais, primo, cela se produit surtout au début du traitement et s' atténue ensuite. Secundo ce mal est nécessaire; sans cette sédation, vous n' auriez pas pu le garder à domicile. Quant à la nécessité d' une hospitalisation, elle est nécessaire au début mais peut être écourtée quand le délire, l' agitation, la dangerosité ont disparu.
    Par contre un suivi en ambulatoire est indispensable.

  3. Charlotte64100

    Bonjour,

    Merci pour vos réponses, et voilà plus précisément le contexte :
    1ère crise, 30 ans, alcool très occasionnel, aucune drogue, sportif, aucun antécédent psy, et... aucun traitement médicamenteux à ce jour.
    En somme tout à l'air de bien fonctionner ds le meilleur des mondes.

    Je devine ce qui a pu l'amener jusque là ( rupture affective, difficultés sociaux professionnelles...)
    Aujourd'hui je souhaite juste savoir si un simple repos à la maison peut suffir en général.

    c'est que, après coup, je me rends compte que cette journée de délire m'a pas mal émotionné, et pour lui tout à l'air de rouler à présent.

    Je prends note du suivi ambulatoire et prendrai rendez-vous dès demain lundi.
    Merci encore! :-)

  4. Charlotte64100

    Vous avez raison, c'est vrai qu'il est inutile de comparer, mais c'était mon 1er réflexe pour chercher un apaisement.
    Cela dit, le médecin que j'ai eu au téléphone est Interne ( je n'ai rien contre mais enfin...) et elle n'a pas su me donner un diagnostique précis. Cela reste difficile pour eux sur des épisodes aussi cours dit-elle.
    Alors ds le doute on préconise le traitement le plus fort, traitement pour schizophrène.
    Remarquez, si il n'y a pas de meilleurs solutions pour l'heure, je ne vais pas jeter la pierre. Je trouve déjà très bien qu'il puisse y avoir des structures d'urgence.
    L'esprit humain, cet insondable...
    Merci à tous.
    Charlotte

    1. auteur

    2. lafouine.

      "le médecin que j'ai eu au téléphone est Interne ( je n'ai rien contre mais enfin...) et elle n'a pas su me donner un diagnostique précis."
      Aucun médecin ne te donnera le diagnostique d'une autre personne (de surcroit) par téléphone . Comment veux tu diagnostiquer quelqu'un en ne donnant que très peut d'élément.

      Pour diagnostiquer une bipolarité une schizophrénie ou autre ,il faut parfois des mois à un psychiatre averti .
      Alors un interne en 5 mns au téléphone...

      Je dirais même que c'est parce qu'il est compétent qu'il n'a pas donné de diagnostique.

      Soyez logique un peu.
      Une maladie de la santé mental ce n'est pas une grippe ou un bras cassé.

    3. auteur

      Bonjour,
      Je ne sais pas si quelqu'un visite encore ce forum mais je pose quand même ma question.
      j'ai un proche qui a fait une bouffée délirante il y a 3 ans, les thèmes étaient plutôt de l'ordre du mystique, de la justice, etc. il a été soigné pendant deux ans avec solian, puis alors qu'ils essayaient de le sevrer, rechute, et mêmes thèmes. il va prochainement arrêter son traitement, il va mieux c'est vrai mais il a gardé ses convictions acquises lors de ces épisodes (mission divine, etc...). Est ce normal ou pas ? je veux dire il n'en parle pas souvent mais il en est toujours convaincu. aidez moi svp si vous pouvez

    4. auteur

      Moi j'ai eu des bouffes délirantes aiguës lannée dernière, je peux tassurer que ce qu'ont vit est vraiment très intense. J'ai vécu des moment ou je croyais qu'ont allait me tuer ou le faire manger de la viande humaine. Tout prêtait à faire penser ça. Aujourdhui je sais que cela n'était du qu'au délire mais je suis convaincu que tout ce que j'ai pensé était bien réel je ne pourrais donner dautres interprétation des événements , ton pote crois juste que ce qu'il a vécu était réel car il la effectivement bien vécu de l'unique point de vue qui est le sien.

    5. auteur

      Merci Hadrien pour ton avis sur la question. sais tu s'il existe un service d'informations sur ce genre de questions ? car j'ai peur pour mon ami

    6. auteur

      Non, parlez en avec un psychiatre ce sont les mieux placés pour répondre à ce sujet .

    7. auteur

      Moi aussi j'ai eu une bda j'ai peur aujourd' hui d être schizophrène le médecin m as répondu seul l avenir nous le dira je viens de sortir de l hôpital et je suis methamorphoseé moins gai moins bavarde j'ai perdu ma vrai personnalité on se sent si seul et en plus coupable g

  5. DCI

    Bonjour,

    Cette crise était la première ?
    Ou bien fait elle suite à d'autres épisodes aigus ?
    Ton ami est il habituellement suivi sur le plan psychologique ou psychiatrique ?
    Y a t'il notion d'abus quelconque (alcool ? drogue ?)

    Cela fait beaucoup de question mais les réponses permettraient peut être de mieux cerner le problème.

  6. DCI

    Y a t'il des cas identiques ou approchants dans sa famille ?

    1. Charlotte64100

      Aucun cas similaire dans sa famille.
      réellement, rien à signaler si ce n'est un terrain familial pas très favorable pour atteindre
      un équilibre affectif et une maturité adéquats.
      Je me demande où tt cela va mener... demain est un autre jour.
      Merci à vous.

    2. DCI

      De rien, et n'oublie pas que ce problème doit être suivi et surveillé.

      Tiens nous au courant.

  7. Charlotte64100

    Bonjour à tous,

    Il y a 1 mois maintenant que j'ai écrit mon 1er message, il y a du nouveau depuis:

    Mon ami a refait une BDA qui a duré 48 h cette fois, je n'ai pas eu d'autre choix que de l'amener aux urgences.
    Aujourd'hui il est hospitalisé, avec anxiolytique, neuroleptique et antipsychotique; lui qui ne prenait jms même pas un aspirine.
    Il a glissé de l'autre côté et je n'ai pu rien faire, je l'y ai même envoyé au final.
    l'interne me dit qu'il devra prendre ces médicaments à vie... ça fait un peu bcp je trouve. auriez -vous des exemples ou avis sur ce genre de traitement?

    Merci.

    1. begonie

      Bonjour Charlotte.

      Aucune prise en charge ne ressemble à une autre.
      Ce n'est donc pas très utile de comparer ou de chercher des comparaisons.
      Des traitements de ce type tiennent compte de tellement d'éléments dans l'histoire de vie et l'histoire de la santé de la personne que c'est mieux de demander ces renseignements directement au médecin qui s'occupe de ton ami si tu as l'occasion de participer à des entretiens le concernant.

  8. Difficile de répondre sans avoir un diagnostic précis. Certaines maladies psychiatriques impliquent un traitement au long cours. Tout dépend de l'évolution du diagnoctic et de l'évolution de la maladie.

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